2008-2010 ATELIER CINEMA ET PRISON – EXERCICE DE MEMOIRE II – CE QUI NOUS ARRIVE

Structure coordinatrice

LIEUX FICTIFS

Intervenant•e

CAROLINE CACCAVALE
Réalisatrice et productrice

Descriptif

Le projet « Exercice de Mémoire 2  » est engagé depuis mars 2007.
Mise en écriture du projet en 2008.
Cette mise en écriture sera développée jusqu’au 22 décembre 2008.
Un film sera issu de cette expérience qui s’intitulera «  Ce qui nous arrive « .
— Cette action s’engage sur deux questions : qui suis-je et qui sommes-nous?
À partir des réponses apportées par les participants en 2008, il leur sera proposé des documents d’archives se référant soit à leur mémoire personnelle, soit à des évènements sociaux collectifs. C’est dans la confrontation avec les images d’archives que s’engagera une écriture, possible réponse à ces interrogations existentielles.
Ce projet s’appuie sur deux modes d’écriture artistique, comme expression de deux rapports au monde : le théâtre et le cinéma.

« Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile!
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.
 »

Le Voyage – Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Ce qui nous arrive est un film issu d’une expérience cinématographique et théâtrale menée au Centre Pénitentiaire de Marseille avec un groupe de personnes détenues, qui sont à la fois coauteurs, acteurs, filmeurs et filmés.

Ce film est envisagé sous l’angle d’un processus individuel et collectif, d’un cheminement, tant du point de vue de la construction, que de l’évolution humaine des personnes détenues qui y participent. Constitué de deux parties de 2 x 90 min, « Qui je suis ? » met en questionnement l’identité, la mémoire, la diversité des parcours migratoires; « Qui nous sommes ? » interroge le monde, la place de chacun dans la société.

Les détenus participants constituent un groupe de travail.
Ils vont expérimenter, éprouver, se risquer, pour reconstruire une mémoire, un imaginaire, une pensée, sur eux-mêmes et sur le monde. Théâtre et cinéma se croisent dans ce chantier de création pour donner la possibilité aux personnes détenues de réaffirmer leur présence, dans un temps et un espace que l’expérience artistique construit.

Images du dedans, images de l’extérieur, images d’archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, écriture de textes, réappropriation de textes d’auteurs, mise en jeu, mise en scène, acte de filmer… Tout converge dans un processus artistique où la construction du film et celle des personnes sont intimement liées.

L’incarcération est éprouvée comme un moment de suspension: les jours et les heures se ressemblent, se répétent sans cesse avec une impossibilité de marquer le temps qui passe, en manque des évènements qui pourraient servir de repères dans la constitution de la mémoire. A ce point précis, l’expérience de création redonne la possibilité d’exister, de continuer à produire des prises sur la réalité, de poursuivre une trajectoire, un mouvement, de constituer une mémoire.