2009-2010 — ATELIER DOCUMENTAIRE : MARSEILLE VU PAR

Structure coordinatrice

COLLECTIF CAILLOUX

Intervenant•e

EMMANUEL VIGIER
C’est par les Balkans que tout arrive.
_ D’abord, un premier article en 1993 pour le journal l’Humanité pendant la guerre de Bosnie, qui questionne le travail d’une ONG. Puis une série de reportages dans l’ex-Yougoslavie pour Mediterraneo, émission pour laquelle Emmanuel Vigier travaille comme grand reporter pendant plusieurs années. {J’ai un frère} (2008/2009) est son premier long-métrage documentaire. Après douze ans d’exil à Marseille, Drazan retrouve Dejan à Bosanski Brod, à la frontière de la Croatie. Les deux frères prennent la mesure de la distance que la guerre leur a imposée. Le film est sélectionné au Festival du Réel et aux Etats Généraux du Film Documentaire de Lussas. D’autres travaux vont suivre, d’autres films pour saisir ce qui fait lien au delà des guerres, des frontières, des marges et loin des formats imposés.

Pour cela, Emmanuel multiplie les collaborations.
_ Avec [Renaud Vercey->personne870], artiste multimédia, il conçoit {[Terres Communes->http://www.terrescommunes.fr]} un web-documentaire, sur l’engagement citoyen auprès des gens de la rue. Il guide avec [Séverine Mathieu->personne311], cinéaste, la réalisation, d’une série de courts métrages en psychiatrie, « Les rêveurs », exposée dans le cadre de Marseille Capitale Européenne de la Culture.
_ {Hero(s)}, son dernier film, explore une mémoire intime et collective de l’usage de l’héroïne à Marseille.

Descriptif

D’octobre 2009 à juin 2010, le Collectif Cailloux a animé un atelier de réalisation documentaire au CMP rattaché au service du professeur Lançon de l’hôpital Sainte Marguerite.

De cette expérience est né un film à plusieurs voix: « Marseille vu par ».

Rendez-vous avec l’image:

Nous nous voyons chaque semaine, nous en avons l’habitude désormais. Deux heures qui débordent sur l’après-midi, ensemble on oublie souvent le temps qui passe. Très vite, nous nous sommes entendus, accordés. L’atelier est un rendez-vous qu’on ne râte pas.

La première fois, j’ai apporté simplement une caméra. Chacun l’a prise dans ses mains avec précaution comme on le fait généralement avec un objet précieux et fragile.

L’œil dans le viseur, premier cadrage.

Spontanément, Quentin a tourné la caméra vers la fenêtre, vers la ville. Xavier a choisi de cadrer le dessin d’un patient sur le mur, un oiseau. Abdallah a beaucoup filmé. Jean-Marie a beaucoup écrit.

Premiers gestes qui en appellent d’autres. Qui disent déjà les intentions, la sensibilité de chaque filmeur.

Nous avons décidé de travailler sur la ville, sur Marseille. Chacun construira un court métrage au fil de l’année. L’ensemble constituera « un film à sketches. » : « Marseille vu par… »

Nous regardons des films qui montrent la ville et ses habitants, différentes façons de faire, de voir, de filmer. Des portraits d’Alain Cavalier dans Paris, les cariatides d’Agnés Varda, un regard amoureux de Marseille par Paul Carpita.

Au fil des semaines, chacun affine son point de vue, son intention, conçoit son histoire, imagine son film, le réalise. Très vite se dessine un portrait singulier de Marseille au pluriel. Des regards multiples sur la ville et sur eux-mêmes…

Un atelier de fabrique:

L’atelier est intégré aux activités proposées par le club loisirs du CMP, centre médico psychologique, rattaché au service du professeur Lançon de l’hôpital Sainte Marguerite. L’atelier s’adresse aux patients du pôle réhabilitation du service de psychiatrie du professeur Lançon du CHU Sainte Marguerite. Une initiation au cinéma documentaire peut être un outil dans l’approche « globale » que constitue la réhabilitation psychosociale.

A mi parcours, voilà ce qu’écrivaient Florence Vaillant, la pyschologue, et Nadia Rahal, l’infimière, qui animent l’atelier avec moi.

« Du point de vue de la psychologie cognitive, les bénéfices lies à la participation à cet atelier sont déjà visibles. En premier lieu, la stimulation consécutive aux échanges sociaux. Les relations interpersonnelles permettent de développer les compétences sociales.
L’atelier permet aussi de s’inscrire dans la durée, de se projeter sur un temps long, travaillant ainsi sur la continuité. »

Emmanuel Vigier-réalisateur-Collectif Cailloux

Juillet 2010.