État des lieux de l’éducation aux images dans la région en 2024-2025

Le pain et la rue d'Abbas Kiarostami font partie des films montrés dans le cadre d'un projet Passeurs d'Images porté par Aflam
Le pain et la rue d'Abbas Kiarostami font partie des films montrés dans le cadre d'un projet Passeurs d'Images porté par Aflam

En 2024-2025, les dispositifs Ma classe au cinéma (Maternelle au cinéma, École et cinéma, Collège au cinéma, Lycéens et apprentis au cinéma) ont rassemblé 148 931 élèves, soit une augmentation d’environ 3,3 % par rapport à l’année précédente… Mais avec des disparités selon les dispositifs :

  • +25% pour Maternelle au cinéma
  • Stable pour École au cinéma
  • Stable pour Collège au cinéma
  • Légère baisse (-2,6%) pour Lycéens et apprentis au cinéma

Côté dispositifs extra-scolaires, le nombre de projets Passeurs d’images en 2024 a baissé (-10 projets), suite à la concordance de plusieurs facteurs : la volonté de la coordination régionale et des institutions de mieux financer chaque projet et le besoin, pour certains porteurs de projets, de faire une pause après un cycle de plusieurs années avec le même projet. En revanche, le nombre de personnes touchées a augmenté.

2024-2025 : une année mouvementée pour les dispositifs

Gel du Pass culture début 2025, collectivités au budget constant ou en baisse… Depuis 2023, le financement des dispositifs Ma classe au cinéma est incertain. Concrètement, au niveau national, le gel du Pass Culture a entrainé une baisse de fréquentation des dispositifs collèges et lycée dans certains départements (-14,8% pour Collège au cinéma au niveau national), tandis que les difficultés financières des collectivités territoriales ont pu les conduire à réduire leurs financements.

Dans notre région, cette baisse est inégale : selon l’engagement ou le désengagement de certaines collectivités, le nombre d’inscrits baisse, ou au contraire remonte. Les difficultés financières affectent aussi le territoire de manière diverse, selon si les budgets transport pour assister à une séance sont importants (par exemple dans les départements ruraux) et le relai pris par d’autres sources de financement (association de parents d’élèves par exemple). Parfois ce n’est pas le nombre d’inscrits qui est affecté, mais la fréquentation, avec une baisse du nombre d’élèves assistant à la dernière séance, dûe à l’impossibilité de la financer.

En résultent des chiffres inégaux, mais qui inquiètent les coordinateurs et coordinatrices du territoire, dont certains notent une frilosité des établissements à s’engager dans les dispositifs en 2025-2026.

Sources de nos chiffres

Les chiffres régionaux des dispositifs Ma classe au cinéma (Maternelle, Ecole, Collège) sont calculés à partir des chiffres départementaux que nous récupérons chaque année auprès des coordinateurs. Ceux concernant Lycéens et apprentis au cinéma et les dispositifs extra-scolaires sont récupérés auprès de la coordination régionale, sans traitement de notre part.

☝️ À noter : Nous essayons de récupérer les chiffres les plus précis possibles, mais il reste une marge d’erreur liée à la difficulté pour certaines petites salles d’enregistrer et de faire remonter des informations précises.

Les chiffres nationaux concernant la fréquentation des dispositifs CNC proviennent d’un article de Boxoffice Pro.

Nous avons aussi utilisé les chiffres publiés par l’Académie d’Aix-Marseille (consulter le document « La région académique en chiffres »)


Maternelle au cinéma 

Les effectifs de Maternelle au cinéma continuent d’augmenter dans la région (+25%) comme au niveau national (+11,8%) par rapport à l’année précedente. Cette augmentation est normale : le dispositif a été lancé en 2021-2022, et il est en train de s’installer dans notre région comme au niveau national. 

Dans notre région, le nombre d’inscrits dans chaque département a augmenté, mais c’est aussi un nouveau département qui a accès au dispositif : les Hautes-Alpes, avec une coordination prise en charge par Le Cinématographe de Chateaux-Arnoux.

En détails

  • En 2023-2024, ce sont 30 733 élèves des Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et du Vaucluse, issus de 394 établissements, qui ont vu, en moyenne, 2,34 films. 90 cinémas ont participé à l’opération.
  • À noter que ces chiffres excluent le dispositif Filmécole spécifique à Cannes : celui-ci a permis à 2130 élèves de voir des films au cinéma (un chiffre stable par rapport à l’année précédente) .
  • Environ 20% des élèves de la région sont ainsi converts ou par le dispositif CNC, ou par Filmécole. 
  • Seul le département du Var n’était pas concerné par Maternelle au cinéma en 2024-25. Une année de préfiguration est actuellement en cours, coordonnée par Les Ecrans du Sud.

« Je note un enthousiasme grandissant des enseignants pour ce dispositif. Il peut s’expliquer par la faible proposition culturelle à destination des maternelles, et à l’accompagnement pédagogique de qualité. »

Julien Bonavita (Héliotrope), coordinateur du dispositif Maternelle au cinéma dans les Alpes-Maritimes


École et cinéma

Dans notre région, l’évolution du nombre d’inscrits à École et cinéma est stable (+0,32%) par rapport à 2023-2024 – comme au niveau national.

En détail

  • En 2024-2025, 68 776 écoliers ont vu en moyenne 2,61 films et ont donc fait 173 770 entrées. 656 établissements et 123 cinémas sont impliqués dans le dispositif.
  • À noter que ces chiffres n’incluent pas le dispositif Filmécole de Cannes, qui a rassemblé 3879 écoliers en 2024-2025.
  • Environ 23 % des écoliers de la région ont ainsi bénéficié de séances via le dispositif CNC ou Filmécole cette année. 
  • Les coordinateur-ice-s notent deux difficultés qui ont tendance à faire baisser la fréquentation : un excès d’activités en fin d’année, mais aussi des difficultés de financement des transports dans les écoles de petits villages qui limitent le nombre de séances. 

Collège au cinéma

Le dispositif collège au cinéma enregistre cette année une certaine stabilité dans notre région – contrairement au niveau national, qui enregistre une baisse globale de 14,8%.

Cette stabilité pourrait s’expliquer par l’investissement nouveau du département du Vaucluse, qui a fait augmenter le nombre collégiens inscrits et a compensé la baisse dans d’autres départements comme les Bouches-du-Rhône. 

En détail

  • En 2024-2025, 25 570 collégiens ont participé au dispositif, soit environ 10% des élèves de la région. Ils ont fait 60 982 entrées, et ont vu en moyenne 2,38 films. 227 établissements et 103 cinémas participent au dispositif.
  • Plusieurs coordinations notent une baisse de la fréquentation. Elles l’attribuent à l’arrêt brutal du Pass culture, mais aussi à la baisse de prise en charge des entrées dans certains départements.

Lycéens et apprentis au cinéma

Dans la région, le dispositif enregistre une légère baisse des inscrits en 2024-2025 par rapport à l’année précédente : -2,6 %.

Si cette baisse est plus importante qu’au niveau national (1,2 %), elle est compensée par l’augmentation de 6 % qu’il y avait eu dans la région l’année dernière – quand le national décompte une baisse de 7% en deux ans. 

En détail 

  • En 2024-2025, 23 191 lycéens et apprentis (soit un peu plus de 9% des lycéens et apprentis de la région) ont participé au dispsoitif, et ont fait 46 110 entrées. 159 établissements et 60 cinémas participent au dispositif.
  • La coordination souligne néanmoins qu’en 2024-2025, suite au gel du Pass culture, 22 établissements ont annulé des séances en fin d’année, soit 36 séances et 2921 entrées.

Passeurs d’images

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En 2024, 28 projets ont été accompagnés dans la région, portés par 39 structures partenaires, 34 communes partenaires, 20 salles de cinéma et 72 intervenants artistiques. Ils ont touché 6379 participants lors de 61 ateliers, 150 séances spéciales et 11 séances en plein-air.

Les projets ont eu lieu dans 6 départements : 2 projets dans les Alpes de Haute-Provence, 1 dans les Hautes-Alpes, 1 dans les Alpes-Maritimes, 17 dans les Bouches-du-Rhône, 2 dans le Var, 5 dans le Vaucluse.

En détail

  • En comparant avec 2023, on observe une baisse du nombre de projets (28 en 2024, 38 en 2023). Cette baisse s’explique par deux facteurs : la décision régionale de mieux financer chaque projet, et la nécessité pour certains porteurs de projets de faire une pause pour renouveler leur proposition après un cycle de plusieurs années avec le même projet.
  • Néanmoins, le nombre de personnes touchées a augmenté de 7% : 6379 en 2024 contre 5963 en 2023. Parmi eux, on note l’augmentation du nombre de 12-25 ans touchés : de 1046 en 2023 à 2423 en 2024 !

VOIR LE BILAN 2024 DE PASSEURS D’IMAGES