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Jeune public

ATELIERS DE RÉALISATION DOCUMENTAIRE - CHRONIQUES DE FOS SUR MER (2011)

Structure support: CENTRE SOCIAL FOSSÉEN.

Les six films ont été produits lors d’ateliers participatifs développés par le centre social Fosséen en partenariat avec tilt, avec le soutien de la Mairie de Fos-sur-Mer.
Dans chaque atelier, les participants étaient répartis en 3 équipes de réalisation. Chaque équipe a participé à toutes les étapes : repérages et préparation d’entretiens, tournage, et montage.

  • Type d’atelier : trois ateliers de réalisation documentaire
  • Dates des ateliers : Avril et Juillet 2011
  • Durée de chaque atelier : 5 séances de 8 heures pendant une semaine.
  • Lieux : Centre Social Fosséen (Fos-sur-Mer)
  • Intervenant(s) artistique(s) : Delphine Camolli, Rémi Dumas, assistés de Julie Desbiolles
  • Public : 7 à 10 jeunes par atelier âgés de 11 à 17 ans


Ces 3 ateliers nous ont permis de beaucoup réfléchir à la manière dont nous devions amener les jeunes à la réalisation documentaire. Voici un aperçu de l’évolution de notre encadrement et de l’attitude des jeunes réalisateurs lors de l’atelier.

  • 1er atelier : entre liberté des jeunes et autorité des intervenants

Le premier atelier a eu lieu durant les vacances de Pâques 2011 : une dizaine de jeunes avaient été recrutés par le Centre Social Fosséen pour l’atelier web-documentaire. De ce premier atelier, aucun contenu exploitable n’est sorti : cependant, il fut pour nous l’occasion de réfléchir, puis de mettre en place un modèle de fonctionnement qui fut appliqué par la suite aux 2ème et 3ème ateliers.

Notre volonté était, lors de ce premier atelier, de laisser les jeunes s’exprimer sur les sujets de leur choix. Après discussions, ils décidèrent de s’intéresser à « l’ennui des jeunes à Fos » ; autrement dit, à leur propre situation. Bien que dubitatifs sur ce sujet très auto-centré, nous gardions le souci de ne pas leur imposer un regard extérieur mais bien de les laisser s’exprimer par l’image. Nous nous sommes donc adaptés, et avons tenté de construire une chronique sur le thème de l’ennui. Nous leur avons demandé de se filmer les uns les autres dans des endroits qui leur tenaient à cœur, et de s’interviewer : pourquoi cet endroit, quels souvenirs... ?

Cet atelier ne fut pas concluant : malgré le tournage et les interviews de chacun d’entre eux, les jeunes peinaient à sortir de la revendication auprès des pouvoirs publics pour la mise en place d’infrastructures remédiant à cet ennui, pour partir dans une vraie découverte de l’environnement et une vraie « enquête » sur ces revendications. Lors du bilan, en fin de semaine, ils firent d’ailleurs ce constat eux-mêmes en suggérant de nouvelles thématiques, cette fois-ci moins autocentrées : ils proposèrent notamment de s’intéresser aux maisons du Mazet (maisons vouées à la destruction pour cause d’amiante), sujet qui les touchait mais qui nécessitait de s’intéresser à d’autres Fosséen.

Ainsi, cette première expérience nous a permis de réfléchir à une question essentielle lors d’ateliers avec des adolescents : la juste mesure entre l’imposition d’une vision de formateurs, et la liberté laissée aux jeunes réalisateurs. Le constat fut ici sans appel : en tant qu’intervenants artistiques, nous devons imposer une forme et des thématiques, pour mieux laisser aux jeunes la liberté d’explorer leur sujet une fois sur le terrain.

  • 2ème atelier : l’importance de l’autonomie

Forts de l’expérience acquise lors du premier atelier web-documentaire, nous sommes arrivés au second avec une série de thématiques sur lesquelles se baser pour réaliser du contenu. Certaines d’entre elles étaient de notre fait, d’autres inspirées par les jeunes lors du précédent atelier.

Être jeune à Fos-sur-Mer : chaque jeune doit choisir un endroit, « son » endroit, le présenter, se présenter lui-même ainsi que son parcours. Cette rubrique devait exploiter les rushes déjà existants.

- Fos-en fête : cette rubrique répondait à une volonté de Malik Benghali (directeur du Centre Social Fosséen) de rendre compte des Chromatiques, festival d’arts de rue estival et moment important de la vie de Fos-sur-Mer.

- Les maisons du Mazet : Un série de maisons amiantées devaient être détruites dans le quartier du Mazet, dont étaient originaires certains des stagiaires. Les locataires devaient alors être relogés dans de nouvelles maisons dans un quartier voisin, « Les Carabins ».

- Travailler à Fos : zoom sur un métier, avec interview d’un professionnel et filmage dans son lieu de travail, pendant son travail.

- Dans les cuisines de Fos-sur-Mer : Le but de cette série est d’infiltrer des cuisines de Fos-sur-Mer pour découvrir des univers, des recettes, et des cuisiniers.

Lors de ce second stage, nous avons orienté les jeunes sur les 4 dernières thématiques : Fos en Fête, Les Maisons du Mazet, Travailler à Fos, et Dans les cuisines de Fos-sur-Mer.
Dès le départ, un planning précis a été mis en place, permettant à chaque stagiaire de passer par tous les « postes » :
- prise de contact et réflexion sur le sujet
- sur le terrain : poste caméra, poste son, poste réalisation.
- Dérushage
- pré-montage (formation technique sur final cut)

Le travail effectué fut très riche :

Fos en fête :
Filmage de l’ambiance, entretiens « à la volée » d’organisateurs des Chromatiques. Après visionnage des rushs, nous avons cependant décidé de ne pas les exploiter, car le traitement était plutôt un traitement de communication que documentaire. L’exercice fut cependant bénéfique, puisque les jeunes ont expérimenté la captation d’un événement en mouvement, avec toutes les difficultés de filmage que cela pose.

Les Maisons du Mazet :
Les jeunes ont réalisé une série d’entretiens de résidents ou de personnes ayant un lien avec la destruction du quartier, avec pour objectif de raconter les déracinements de ces familles implantées, pour la plupart, depuis des années au quartier du Mazet. Ils ont également pris le rôle de présentateur pour faire visiter à l’internaute le quartier du Mazet. Malheureusement, la délicatesse du sujet à Fos-sur-Mer ainsi que leur propre affect nous empêchèrent d’en tirer une chronique diffusable. Ce fut cependant pour eux la première étape de réalisation d’un sujet sérieux, sensible, qui a la fois parlait de quelque chose qui leur tenait à cœur tout en les poussant à chercher des interlocuteurs et des arguments non plus en eux, mais autour d’eux.

Dans les cuisines de Fos-sur-Mer.
Les stagiaires ont choisi de soumettre Rita (une maman du quartier que les jeunes semblent beaucoup apprécier) à l’exercice, et l’ont donc filmée dès le matin, pour l’achat des différents ingrédients. Ce fut là encore l’occasion de filmer des actions (La Criée de Martigues, le supermarché, la préparation), mais aussi de s’exercer à « faire parler » un personnage.

Travailler à Fos-sur-Mer.
Les stagiaires ont choisi, pour commencer cette série, de se pencher sur le métier de surveillant de baignade. Ils ont donc filmé diverses ambiances de la plage, et ont interviewé une surveillante de baignade. Ils se sont également intéressés au métier de pêcheur : ils ont suivi Nicolas le Pêcheur sur son bateau, à 5h du matin, lors de la levée des filets.

Selon nous, les 2 grandes réussites de cet atelier sont les films La cuisine de Rita et Nicolas le pêcheur. Le dénominateur commun de ces 2 sujets est l’autonomie laissée aux jeunes : lors des courses de Rita, ils étaient sans encadrement technique à la caméra, tout comme pour la levée des filets de Nicolas. Nous les avons préparé aux difficultés présumées du tournage en leur donnant un certain nombre de conseils et de recommandations basées sur les expériences qu’ils avaient déjà eues lors des exercices. Puis ils ont assuré les tournages avec leur animateur mais sans nous. Or, c’est dans ces moments qu’ils prirent le plus d’initiatives (choix de cadres et questions spontanées dans Nicolas le pêcheur, incursion dans les « coulisses » de la poissonnerie avec Rita), et qu’ils filmèrent le mieux les actions.

Ainsi, nous avons tiré de cet atelier non seulement deux chroniques très réussies, mais aussi la sensation d’avoir compris comment impliquer ces jeunes dans leurs sujets : s’il est nécessaire de leur fournir un cadre de base assez strict (modèle de construction du sujet de l’idée jusqu’au filmage, imposition de thématiques), il est aussi très important de les laisser se débrouiller pour les laisser prendre des initiatives et se rendre compte de leurs erreurs au dérushage.

  • 3ème atelier : chacun son objectif, et chacun son rythme

Forts de l’expérience acquise lors de nos 2 premiers ateliers, nous sommes arrivés à Fos avec cette fois une idée très précise de la manière dont nous allions fonctionner : diviser nos stagiaires en plusieurs groupes autonomes et indépendants, qui réaliseraient chacun un sujet de A à Z. Entre 2 sessions de travail, selon le planning des autres groupes et des intervenants, nous mettions en place des exercices de filmage et de prise de sons. Cette formule induisait une certaine souplesse dans les horaires : selon le planning et l’avancement des sujets, il arrivait qu’un groupe soit « en repos », ou au contraire qu’il soit contraint de travailler hors horaires de stage. Nous imposions cependant un visionnage collectif des rushes, afin que chacun apprenne des expériences des autres.

Le fait de pouvoir présenter les films réalisés dans l’atelier précédent a permis une compréhension du projet beaucoup plus immédiate qu’auparavant. En quelque sorte, la voie était tracée. Avec une intention de réalisation minimale que nous tenterons de maintenir : filmer les personnes en action, dans leurs gestes quotidiens et non pas figés dans un entretien. Faire exister l’entretien comme une conversation plutôt que comme un interrogatoire. Laisser respirer les plans.

Ce type d’organisation leur a permis, d’une part, de comprendre le cheminement pour la construction d’un film, et d’autre part, d’avoir une autonomie dans leur apprentissage : ils décidaient de venir, ou pas, sur les tournages des autres groupes, et ils pouvaient également choisir de s’investir plus dans une étape de la réalisation que dans une autre. Par exemple, Sofana et Farès, tout deux passionnés par le tournage, ont très vite déclaré que le dérushage ne leur plaisait pas : nous leur avons laissé la liberté de ne pas venir à l’intégralité de cette étape.

  • Après les ateliers : le tutorat

Après 3 ateliers, les jeunes de Fos ainsi que leurs animateurs, formés par la même occasion, sont désormais initiés à la réalisation de chroniques documentaires. Il ne tient donc qu’à eux et à leur motivation de réaliser de nouvelles chroniques pour alimenter le site.

En Octobre 2012, soit environ 6 mois après le 3ème atelier de réalisation, quelques jeunes du 2ème atelier de réalisation décidèrent sous l’impulsion de leur animateur Mamadou N’Diaye de réaliser une chronique « Travailler à Fos », sur un comédien de Fos-sur-Mer.

Notre rôle sera désormais d’encadrer la réalisation de ces chroniques : une première intervention au moment de la préparation (quoi filmer ? comment et quand ? comment mener l’entretien ?), une seconde au moment du dérushage, pour soulever les erreurs et réfléchir ensemble au montage, et une dernière pour encadrer techniquement le montage.

Diffusion
La cuisine de Rita, Nicolas le pêcheur, Barded le boucher et Rémi le coach, ont été diffusés lors de séances spéciales au cinéma l’Odyssée de Fos-sur-Mer.
Nicolas le pêcheur a été sélectionné au festival Génération Court 2012, catégorie Jeunes Pousses à Aubervilliers et aux Rencontres Nationales Passeurs d’Images 2012.
Enfin tous les films des ateliers sont visionnables sur le site Chroniques de Fos-sur-mer.

Ville: Fos-sur-Mer

Les vidéos

Date de dernière mise à jour: 10 mai 2016

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