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Jeune public

ATELIER AU COLLÈGE ALHONSE DAUDET - TOUTE LA LUMIÈRE SUR LES SEGPA (2015/2016)

Structure support: ALHAMBRA CINEMARSEILLE.

L’objectif de ce projet était de réaliser un film donnant à voir et entendre le point de vue d’élèves de classe SEGPA : "c’est quoi être libre, c’est quoi grandir ? C’est sûr, grandir c’est être davantage libre ! Mais est-ce si simple ? Et vous vous en pensez quoi ?"

  • Dates  : Novembre 2015 à Juin 2016
  • Durée : 32h
  • Séances : 16 séances
  • Lieux : Collège Collège Alphonse Daudet (Istres) et cinéma l’Alhambra (Marseille)
  • Intervenant(s) artistique(s) : Charlotte Penchenier
  • Public concerné : 16 élèves de 4ème SEGPA

Cet atelier a été mené avec la collaboration d’Alice Benitah et Mathieu Fernandez, enseignants.


Nous avons travaillé sur la question de la liberté : qu’est ce qui fait qu’on se sent libre ou pas ? Est-on plus ou moins libre selon les époques, selon les revenus ou selon qu’on est enfant ou adulte ? Nous avons mis en images et en paroles les projections de ces élèves de 15 ans sur l’âge adulte, qu’ils l’espèrent ou le redoutent.

Séances introductives
- Jeu Pause Photo Prose pour faire connaissance
- Visionnage d’autoportraits filmés et réalisation par les élèves d’autoportraits filmés à la pocket cam : comment se présenter en un plan séquence d’une minute, parfois sans se montrer de face si l’élève ne souhaite pas apparaître ?
- Projection de films à l’Alhambra avec toutes les classes prenant part au projet : Afrikaïoli et Fatima
- Débat sur les films en classe. A partir de la citation du père à sa fille dans « Fatima » : « Si tu réussis, tu es libre. »
L’intervenante propose de débattre sur la question de la liberté, sa signification, ce qui peut l’empêcher ou la conditionner. Début de brainstorming sur le film à venir

Tournage, expérimentations, tentatives...
- On écrit et on tourne des plans-séquences en groupe avec cette consigne : mettre en scène et filmer des situations de contrainte, c’est à dire qu’est ce qui est considéré comme des contraintes, voire des entraves à la liberté (être obligé de se lever le matin, être obligé d’aller au collège, ne pas pouvoir en sortir quand on veut, ne pas sortir son portable en classe, etc)
- Visionnage de films pour analyser comment peut être traitée la questions des contraintes ou de la liberté, dont En pleine forme de Pierre Etaix.
- Explication des étapes de fabrication d’un film, pour se projeter dans un « calendrier » approximatif de réalisation au fil de l’année
- On filme un débat entre 4 élèves sur la liberté : enfant ou ado, qui est le plus libre ?
- Etant donné la difficulté à instaurer une discussion sereine en classe entière, l’intervenante prend le parti d’interviewer les élèves individuellement, dans une salle isolée
- Une fois toutes les interviews réalisées, on écoute en classe entière des montages sonores issus de ces interviews : un montage sur le thème « je me sens libre quand… » et un montage sur le thème « grandir » en lien avec la question de la liberté.

Tournage
- Plusieurs séances : en petits groupes, chaque élève est invité à chercher comment mettre en images sa citation « je suis libre quand », soit par le biais d’une petite séquence d’animation, soit par des photos, soit par une séquence filmée au collège ou à l’extérieur… On cherche des images sur internet, on fabrique des figurines, on cherche des accessoires, on écrit des bulles de dialogue, et on tourne ou photographie ceux qui sont prêts, toujours en petits groupes.
- Une sortie à la journée : tournage en extérieur de tout un tas de scènes décidées en amont (l’obtention du permis à l’auto-école, les élèves fauchés qui ne peuvent même pas s’offrir un kebab, les jeunes qui se retrouvent entre amis pour sortir en ville, des scènes tournées avec des accessoires apportés sur place, boule de bowling, jouets divers, couette et lampe de chevet…) et des scènes improvisées sur place (jeux spontanés au bord du lac, courir, jouer sur les différences de taille entre élèves…)
- Fin du tournage au collège : mise en scène des représentations que se font les élèves sur l’adulte, avec un élève déguisé (moustache, costume, chapeau et autres accessoires) et des figurants ou accessoiristes, devant un mur blanc. Le mariage, la maison, les enfants, les courses…
- Écriture et enregistrement de voix off avec les élèves pour des petits moments d’introduction ou de transition.
- Photo des élèves avec leur prénom en grosses lettres coloriées ou décorées selon la technique de leur choix.

« Au début on faisait plutôt des expérimentations, puis ce qu’on a trouvé réussi, on l’a gardé. Ce qui marchait moins bien a été laissé de côté (par exemple, les petites saynètes de fiction sur les contraintes vécues par les élèves). Nous ne pensions pas garder les entretiens individuels avec les élèves, mais plutôt s’appuyer sur ces témoignages pour écrire un synopsis ou un texte commun. Mais ces témoignages se sont avérés riches et touchants, et mettaient en valeur de jolies contradictions. Donc on les a gardé comme matière du film.
D’autre part, nous n’avons pas réussi à tourner toutes les séquences que nous souhaitions avec chaque élève individuellement, en effet, certains étaient plus durs à mobiliser que d’autres. Cette idée de faire des séquences individuelles était d’ailleurs aussi liée à une contrainte pratique : comment tous les occuper alors que les tournages se font beaucoup plus facilement en petits groupes ?

Bref, beaucoup d’errements pour arriver à un résultat cohérent, un résultat dont on puisse tous être fier. Comme un patchwork qu’on construirait en fonction des tissus trouvés et qui trouverait sa forme au fur et à mesure. Les élèves ont eu besoin tout du long du projet, de pistes et de propositions des adultes pour avancer, et de beaucoup de stimulation et d’encouragement pour accepter de se laisser embarquer, mais ce fut une belle expérience de création collective. »

Montage
Le montage est fait par l’intervenante en dehors des séances, avec quelques allers et retours aux enseignants. Seuls des extraits sont montrés aux élèves avant la projection à l’Alhambra en juin. Il aurait fallut un visionnage (voire plusieurs) en classe pour permettre une bonne appropriation du film en amont de la projection sur grand écran.

Diffusion
Festival Toute la lumière sur les SEGPA
Le jury a décerné au court métrage Sur le chemin de la liberté, le prix de la réflexion et la mise en scène.

Ville: ISTRES

Les vidéos

Date de dernière mise à jour: 4 octobre 2016

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