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Jeune public

ATELIER AU COLLÈGE ALPHONSE DAUDET - TOUTE LA LUMIÈRE SUR LES SEGPA (2014/2015)

Structure support: ALHAMBRA CINEMARSEILLE.

Le programme Toute la lumière sur la SEGPA est construit en lien avec le cinéma L’Alhambra. Un artiste cinéaste et/ou photographe intervient dans une classe afin de sensibiliser et d’initier les élèves à la pratique et de l’image et du son. L’objectif est de les accompagner sur la création d’un court métrage dans lequel « ils se racontent ».

  • Dates  : Janvier à Juin 2015
  • Durée : 40h (3h par semaine)
  • Séances : 13 séances
  • Lieux : Collège Alphonse Daudet, Istres
  • Intervenant(s) artistique(s) : Lorien Raux
  • Public concerné : 18 élèves de 4ème et 3ème SEGPA
  • Diffusion : Festival Toute la lumière sur les SEGPA

Cet atelier a été mené avec la participation des deux enseignants Audrey et Matthieu du Collège Alphonse Daudet.


Paroles de Lorien Raux :

L’IMAGE

« C’était ma première intervention dans une classe SEGPA. Aussi, dans les trois premières séances je me suis appliqué à rencontrer les adolescents en leur proposant des exercices d’analyse et de pratique autour de l’image et du son. Dans le premier exercice je leur ai confié un appareil numérique en leur donnant la contrainte de faire des portraits en variant les échelles et les points de vue.
Ma deuxième ambition a été, dans une deuxième sortie photographique dans un parc aux alentours du collège, de leur montrer comment une photographie pouvait, parfois même au delà de leur première intention, raconter et suggérer une histoire.
Chaque séance était encadrée de retour sur une sélection de leurs images afin de leur apprendre à décrire et à parler d’une image. Ce fut aussi le moyen d’apprendre à accepter de montrer son image, en tant que photographe ou photographié, devant les autres.
Suite à cette prise en main des appareils, ils ont commencés à saisir que le geste photographique se pense si ils veulent raconter une histoire ou une émotion. Je leur ai alors proposé des exercices sur son.

LE SON

J’ai commencé par plusieurs quizz sonores, en leur faisant écouter la bande son de courte séquence de film, ils devaient imaginer ce qu’il se passait à l’image. Ce fut le moyen d’appréhender comment le son peut lui aussi faire sens et récit en lien direct ou en contrepoint avec l’image.
Par la suite je leur ai demandé d’enregistrer des sons particuliers dans l’enceinte du collège puis de faire un plan fixe d’une minute sur lequel il voudrait apposer ce son. Cela donna lieu a des séquences comiques et poétiques comme par exemple les cliquetis d’une partie de baby foot se superposant à l’image d’un match de foot ou encore le brouhaha des couloirs s’invitant dans le bureau du proviseur classant sérieusement ses papiers.

Au début j’avais du mal à les maintenir concentrés sur les temps de travail en classe. Au fur et à mesure de mon intervention je suis parvenu de mieux en mieux à les « capter » en alternant les temps de pratique, de retour sur exercice et de visionnage de façon plus rythmé. Parfois, il a aussi été nécessaire de diviser le groupe pour que chacun soit plus efficace et ait une plus grande place pour s’exprimer. Temps sur lesquels l’aide des enseignants m’a été indispensable.

LE FILM

Après cette mise en jambe photographique et sonore il était grand temps d’envisager la possibilité de construire un film ensemble.
Au vu du groupe qui ne semblait pas beaucoup souffrir d’un sentiment de différence que les élèves peuvent parfois ressentir à être en SEGPA, je ne voulais pas orienter le film vers cette problématique. La difficulté a été de trouver comment motiver un groupe à se raconter. Comment faire pour que la proposition du film émane d’eux.

Après plusieurs discussions collectives sur le film qu’ils voudraient réaliser, dont une embardé maladroite où je les encourageai à me raconter leurs rêves, j’ai conservé certaines de leurs envies pour leur proposer un fil rouge.

« Rien monsieur, je n’ai pas de rêve… »
« Je rêve d’une grosse villa avec des Lamborghini »
« Je rêve que tous les garçons n’existent plus »
« De sauter le portail, de s’échapper »
« Je rêve de revoir mon frère »
« Je rêve qu’avec ma classe on parte faire notre film à Miami »
« Je rêve de faire le tour du monde »
« D’être à la plage »

Pour pallier à une certaine indécision collective je leur ai fait une proposition de récit :

« Le jour de la photo de classe un photographe vous prend en photo, tout devient figé. Et si la sonnerie ne retentissait pas. Chacun serait figé à part vous. Si vous sautiez par dessus le portail et partiez dans la ville, éteinte… dans une fugue jusqu’à la mer ? »
Nous avons alors travaillé sur chaque partie de ce synopsis. Par exemple, comment se passe une photo de classe habituellement ? Comment vous voulez représenter cette scène ? Comment signifier que tout est figé dans le collège et à l’extérieur ? A quelle horaires pouvons nous filmer ? etc.
Chaque partie de l’histoire a été sujette à une discussion artistique et logistique. Un tournage, ça s’imagine, ça se repère puis ça s’organise. J’essayais à chacune de nos discussions de les orienter dans ce cheminement là.
A partir de là, les séances s’organisaient différemment. Sur le mur de la classe nous avons collé une frise chronologique, une sorte de plan de travail de tournage. L’objectif étant qu’à chaque séance nous composions une séquence du film à venir. En début de séance nous regardions la séquence tournée la semaine précédente. Ils évaluaient alors si cela leur convenait, si il fallait la refaire ou si il manquait quelque chose. Ensuite, nous imaginions et tournions la séquence suivante.
J’ai pu remarquer que leur implication et apprentissage se ressentait parfois plus devant l’échec de fabrication d’une séquence que dans sa réussite.

Le jour de la projection au cinéma L’Alhambra, le jury a qualifié le film d’« évasion artistique et poétique réussi ». Et c’est ce même jour que les élèves m’ont semblé vraiment saisir toute l’aventure qu’ils venaient de traverser. »

Ville: ISTRES

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Date de dernière mise à jour: 18 janvier 2016

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