Ressource

Jeune public

Adultes

CHEMIN FAISANT - OMÉGAVILLE (2010 - 2013)

Structure support: THEÂTRE DE LA CITÉ.

Dans des cités des quartiers Nord, Anne Alix construit peu à peu ses complicités avec les habitants, oscille entre réel, poésie et philosophie, et filme « Omégaville ». Ville-monde, ville oubliée ? Ville du futur ?

Inciter à une prise de parole individuelle et collective via la pratique artistique, ouvrir de nouveaux dialogues entre des populations issues de milieux sociaux et culturels différents, partager un processus de création avec un artiste. Co construire avec les habitants de nouvelles représentations et imaginaires des quartiers populaires et les inscrire dans notre patrimoine culturel commun sur la ville. Pénétrer les ailleurs de sa propre ville via la présentation des réalisations produites.

  • Type d’atelier : Création partagée
  • Durée : 2010-2013
  • Lieux : Quartiers Picon Busserine, Font-vert, Iris et Flamant - Marseille
  • Intervenant(s) artistique(s) : Anne Alix
  • Public : environ 80 participants de tout âge, cette création partagée s’est faite au fil des rencontres avec les habitants du quartier.
  • Diffusion : Au fil des trois ans sont proposées plusieurs projections d’étapes pour construire le film avec les habitants. Projection au Mucem. L’édition d’un DVD conclut cette création

« Ma volonté première était de découvrir en profondeur la vie du quartier et de ses communautés. Au fil des rencontres et de mon immersion dans le quartier, ma réflexion d’origine a cheminé vers autre chose. Je me suis rendue compte que ce ne sont pas tant les communautés qui sont intéressantes que la question de la communauté : une communauté se créé à un moment donné parce que des gens partagent un même territoire, une même histoire, de mêmes désirs et cette communauté n’est effective que pendant un temps donné. Comment partage-t-on cet espace commun du quartier et qu’a-t-on le désir d’y vivre ?
Trois formes différentes et complémentaires construisent ce film :

Le Réel :
Pour ce, je me concentre principalement autour de l’épicerie snack de la famille Tir située en plein cœur de Font-Vert (un des seuls lieux « vivants » de cette cité – ex cœur des bidonvilles du quartier - restée repliée sur elle-même). J’y viens régulièrement, prend le café, installe ma caméra, provoque des discussions relayées par les 2 frères qui tiennent le lieu. Il ne s’agit pas d’interviews ou d’entretiens mais de véritables scènes documentaires. Petit à petit, mon cercle d’action s’élargit et c’est la vie de la cité que je commence à filmer : les rapports de voisinage, les tensions liées à la violence et à la précarité, le rapport à la communauté et à la solitude dans la cité…

L’Allégorie :
Paysages : Il s’agit pour moi de condenser en quelques images, la transformation physique de cet espace. Le souvenir est porté par la voix et le récit de quelques habitants, les images sont une allégorie de la forêt aux grands ensembles. Portraits : J’ai décidé de réaliser une série de portraits visuels ou sonores des habitants, à même de rendre compte de la multitude et de la richesse des personnes présentes. C’est aussi ma cartographie humaine du lieu. Danse : pour moi, il s’agit de partir de la danse telle qu’elle se pratique dans le quartier (et qui renseigne très bien sur la vitalité ici à l’œuvre) pour l’emmener vers des horizons plus utopiques en complicité avec de jeunes danseurs du quartier.

La philosophie :
Dans mon esprit, ce quartier auquel je m’attache rentre en écho avec le monde plus vaste. Les mêmes phénomènes y sont à l’œuvre et particulièrement visibles dans ce territoire : transformation accélérée et réduction de l’espace, disparition de la nature, fin des cultures traditionnelles, généralisation de la société de consommation et de la précarité, cohabitation, nécessité de repenser l’histoire ensemble pour tenter d’ouvrir un nouveau chemin. Ce sont aussi les questions qui m’habitent sur le devenir du monde que je pose aux habitants et sur lesquelles je leur demande de réagir. Pour ce faire, je m’appuie sur un certains nombres de texte (Fanon, Wideman) mais aussi sur des réflexions entendues sur place et qui m’ont interpellée. Deux complices ont accepté et relevé ma proposition. Ils seront des figures récurrentes du film, mis en scène assis sur leur muret au milieu de la cité (la Busserine), attendant on ne sait quoi ou qui, ils dissertent sur le rapport au temps, à l’histoire… » Anne Alix

La démarche développée par la cinéaste a rempli le pari de construire une forme artistique depuis les quartiers et avec leurs habitants, d’aller au-delà d’une vision "ghettoisante" du quartier, de nous emporter vers des questionnements sur le monde.

Anne Alix est allée à la rencontre des espaces où naissent collectivement les rêves et espoirs d’avenir. Ainsi l’approche des communautés du quartier sera dévoilé dans le film par plusieurs rencontres ; celle d’un homme d’origine comorienne, acteur du premier « Think Tank » AME, premier laboratoire d’idées proposant des solutions politiques et économiques des quartiers difficiles en France. Celles de femmes, mères qui partagent leurs questionnements sur l’avenir de cette cité dont les bâtiments en phase de reconstruction sont porteurs de renouveau. Enfin un groupe de jeunes rappeurs et danseurs de hip hop, s’interrogeant sur les grandes figures noires des luttes pour l’égalité des droits, comme Frantz Fanon, Martin Luther King ou Rosa Park.

Ville: Marseille

Les vidéos

Date de dernière mise à jour: 1er septembre 2020

Personnes associées

Structures partenaires

Ressources associées

Catégories

Copyright © 2017 Le Pôle Provence-Alpes-Côte d’Azur